| Sur toutes les
tables, on voit maintenant, accolées, la cuiller
et la fourchette, mais on l'a vu, la première a
précédé l'autre de beaucoup. Les anciens
avaient des cuillers magnifiques, les Égyptiens
en bronze ou en ivoire, dont le manche était
décoré d'une tête d'oiseau ; les Grecs et les
Romains utilisaient aussi des cuillers ciselées,
à formes différentes selon les usages :
allongées, arrondies ou pointures. Les Grecs, en
particulier, avaient une cuiller à ufs :
ils cassaient la coquille avec l'extrémité
pointue et puisaient le contenu avec
l'extrémité ronde.
Si on n'avait pas encore la fourchette au
XVIIe siècle, on disposait d'une cuiller
personnelle.
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Au Moyen-age, on
partageait parfois la sienne avec son voisin de
table. De toute façon, on ne craignait pas de
plonger dans la marmite une cuiller qu'on avait
déjà portée à ses lèvres. Quand il n'y avait
pas de cuiller, on se servait d'une écuelle, une
pour deux convives, comme d'un bol. En argent
chez les princes, les cuillers étaient
quelquefois de véritables bijoux, ornées de
pierres précieuses, surtout les cuillers à
drageoirs qui disparurent après la Renaissance.
La Pompadour eut des cuillers en or. Le
manche, d'abord petit, avait grandi ensuite, en
même temps que celui de la fourchette, sous
Henri III, quand la mode des vastes
"fraises" autour du cou allongea
considérablement le va-et-vient entre la table
et la bouche !
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