| Les Anciens
apportaient leur serviette à table, mais plutôt
qu'à s'essuyer la bouche, elle leur servait à
emporter les restes et parfois, quand l'hôte
était fastueux, les cadeaux qu'il leur faisait,
vases précieux, coupes, etc. Plus tard, les
Romains eurent le sudarium autour du cou pour
d'éponger et les esclaves qui circulaient avec
les aiguières des ablutions proposaient
également des serviettes d'abord en coton puis
en lin. A la fin de l'Empire, les serviettes
romaines devinrent luxueuses, en toile dorée ou
peinte, si belles que parfois les invités les
volaient ! Les Spartiates s'essuyaient avec la
mie du pain, les apomagdalies, morceaux de pâte
; les Celtes avec leur siège qui n'étaient
autre que des bottes de foin.
Dans les premiers siècles du Moyen-age, on
utilisait le pan de la nappe ou plus simplement
encore le revers de la main. Aux XIIIe et XIVe
siècle, les serviettes étaient parfois
accrochées à la muraille, comme des torchons,
et les convives venaient s'y essuyer la bouche
deux fois, avant et après le repas.
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Plus tard, on prit
l'habitude de changer de serviettes à chaque
service. Les premières serviettes rudimentaires
furent des tissus de laine, puis vinrent celles
en toile, fabriquées d'abord à Reims. On la
porta sur le bras ou sur l'épaule. L'habitude
de la nouer autour du cou date de la mode des
"fraises", énormes collerettes très
fragiles du siècle d'Henri III, qu'il fallait
protéger des taches. C'était d'ailleurs
difficile, surtout quand la fraise était
particulièrement encombrante, et de là vient
l'expression "Il n'arrive pas à joindre les
deux bouts". On a vu que c'est aussi un peu
aux fraises que l'on doit aussi les fourchettes.
Au XVIIe siècle, avec la disparition de ces
cols monstrueux, l'élégance à table exigea au
contraire qu'on cessât d'attacher sa serviette
derrière le cou, pour la poser, comme
aujourd'hui, sur les genoux. Elle devait être
immaculée, d'où la nécessité d'une autre
serviette à chaque service. Nouvelles fantaisies
de la serviette au XVIIIe siècle : les pliures.
Les formes qu'énumère Grimod de la Reynière ne
reculaient devant aucune excentricité.
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